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SHBG (Globuline liant les hormones sexuelles) : Dosage et Interprétation

Découvrez le dosage de la SHBG, ses valeurs normales selon l'âge et le sexe, et son rôle dans le bilan hormonal. Interprétation clinique par un médecin interniste.

Uzm. Dr. Özlem Arslan5 min de lectureContenu vérifié par des experts
SHBG (Globuline liant les hormones sexuelles) testi - Biyokimya laboratuvar testleri - karaciğer ve böbrek fonksiyon analizi
Fotoğraf: Chokniti Khongchum (Pexels)

Un matin de consultation, je reçois un patient de 45 ans, cadre dynamique, qui se plaint – non sans gêne – d'une baisse de libido, d'une fatigue inexpliquée et d'une prise de poids abdominale. Son bilan hépatique est normal, la TSH aussi. Pourtant, un dosage de la SHBG (globuline liant les hormones sexuelles) nous mettra sur la piste d'un trouble métabolique sous-jacent. Dans ma pratique, la SHBG est un paramètre trop souvent oublié, alors qu'il permet de décortiquer finement l'axe hormonal.

Qu'est-ce que la SHBG ?

La Sex Hormone Binding Globulin (SHBG), ou globuline liant les hormones sexuelles, est une glycoprotéine synthétisée principalement par le foie. Elle transporte dans le sang la testostérone (à 60–70 %), l'estradiol et la dihydrotestostérone, et régule leur fraction libre – biologiquement active.

Rôle biologique essentiel

Une SHBG élevée fixe plus d'hormones, réduisant leur biodisponibilité. À l'inverse, une SHBG basse libère davantage d'hormones actives. Ce mécanisme explique pourquoi des symptômes de virilisation ou de féminisation peuvent survenir malgré des taux totaux normaux.

Pourquoi doser la SHBG ?

Le dosage de la SHBG est demandé dans plusieurs situations cliniques :

  • Évaluation d'un hirsutisme ou d'une alopécie chez la femme
  • Bilan de troubles de l'érection ou de baisse de libido chez l'homme
  • Suspicion de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
  • Exploration d'une gynécomastie
  • Suivi de pathologies hépatiques ou thyroïdiennes
  • Calcul de la testostérone libre (par la formule de Vermeulen)

Valeurs de référence de la SHBG

Les normes varient selon les laboratoires, le sexe, l'âge et le statut hormonal. Voici un tableau indicatif pour un patient adulte :

Population SHBG (nmol/L)
Homme adulte (20–50 ans)10 – 57
Homme > 50 ans15 – 65
Femme adulte (préménopause)18 – 144
Femme enceinte (3e trimestre)200 – 600
Femme ménopausée15 – 80
Enfant prépubère20 – 80

Ces intervalles sont fournis à titre indicatif ; chaque laboratoire établit ses propres normes. Chez la femme, la SHBG est naturellement plus élevée en raison de l'œstradiol.

SHBG élevée : causes et risques

Une SHBG augmentée (> 120 nmol/L chez la femme, > 70 chez l'homme) se voit dans :

  • Hyperthyroïdie : la thyroxine stimule la synthèse hépatique de SHBG
  • Hépatopathies chroniques (cirrhose biliaire primitive, hépatite)
  • Anorexie mentale ou dénutrition sévère
  • Traitement par œstrogènes (contraception orale, THM)
  • Tabagisme chronique (effet inducteur enzymatique)

Sur le plan clinique, une SHBG trop haute diminue la testostérone libre, pouvant entraîner une hypoandrogénie fonctionnelle chez l'homme (baisse de libido, ostéopénie) et une irrégularité menstruelle chez la femme.

SHBG élevée et testostérone totale normale

Un piège fréquent dans ma pratique : un homme avec une testostérone totale à 25 nmol/L (dans les normes) mais une SHBG à 80 nmol/L. La testostérone libre calculée est alors effondrée, expliquant ses symptômes. Ne pas doser la SHBG expose à un faux réassurance.

SHBG basse : causes et risques

Une SHBG abaissée (< 15 nmol/L chez l'homme, < 20 chez la femme) est fréquemment associée à :

  • Syndrome métabolique (obésité viscérale, insulinorésistance)
  • Diabète de type 2 – l'insuline inhibe la production hépatique de SHBG
  • Hypothyroïdie
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) – la SHBG basse majore l'hyperandrogénie
  • Hypercorticisme (syndrome de Cushing)
  • Acromégalie

Une SHBG basse libère plus de testostérone libre, ce qui aggrave l'acné, l'hirsutisme et l'alopécie chez la femme. Chez l'homme, elle peut masquer un hypogonadisme vrai en augmentant la testostérone libre.

SHBG et insuline : un lien clé

Dans mes consultations, je répète souvent que « l'insuline est l'ennemi de la SHBG ». L'hyperinsulinémie du syndrome métabolique réduit la synthèse hépatique de SHBG. Ainsi, une SHBG basse est un marqueur précoce d'insulinorésistance, avant même l'hyperglycémie. Perdre du poids et pratiquer une activité physique augmente la SHBG de 20 à 40 %.

SHBG et thyroïde

La SHBG est un excellent reflet de l'état thyroïdien. Une thyréotoxicose élève la SHBG ; une hypothyroïdie la diminue. C'est pourquoi je dose fréquemment la SHBG dans le cadre d'un bilan thyroïdien discordant (TSH normale mais symptômes évocateurs).

SHBG et ménopause

À la ménopause, la chute des œstrogènes entraîne une baisse progressive de la SHBG. Cela expose à une augmentation relative de la testostérone libre, ce qui peut expliquer une pilosité androïde ou une alopécie chez certaines femmes. Un dosage de SHBG aide à adapter un éventuel traitement hormonal substitutif.

Comment interpréter la SHBG chez l'homme ?

L'approche clinique est simple :

  • Testostérone totale basse + SHBG normale ou basse → hypogonadisme vrai (testiculaire ou central)
  • Testostérone totale normale + SHBG élevée → hypoandrogénie fonctionnelle par excès de protéine vectrice
  • Testostérone totale normale + SHBG basse → souvent insulinorésistance, mais parfois virilisme si la testostérone libre est haute

Le calcul de la testostérone libre par la formule de Vermeulen (utilisant albumine et SHBG) est indispensable avant d'envisager un traitement androgénique.

SHBG et contraception hormonale

Les œstroprogestatifs augmentent la SHBG de 2 à 4 fois. Cela peut induire une baisse de la testostérone libre et des troubles de la libido. Si une patiente sous pilule se plaint d'une perte de désir sexuel, je remplace par un progestatif seul ou je vérifie la SHBG.

Limites et précautions du dosage

La SHBG n'est pas un paramètre isolé : elle doit être interprétée avec la testostérone totale, l'albumine, et le contexte clinique. Certains médicaments (anticonvulsivants, statines, glucocorticoïdes) modifient sa concentration. Le prélèvement doit être réalisé à jeun, le matin (pic hormonal masculin).

Réflexions finales d'un interniste parisien

La SHBG est un marqueur précieux, souvent sous-estimé. Dans mon service à l'AP-HP, je la considère comme un biomarqueur de santé métabolique autant qu'hormonal. Un taux bas doit faire rechercher un syndrome métabolique, même si le poids est normal. Un taux élevé peut révéler une hyperthyroïdie infraclinique. Bref, la SHBG mérite une place de choix dans le bilan de première intention.

Article rédigé par un médecin interniste de l'AP-HP Paris. Les informations fournies sont générales ; consultez votre médecin pour un avis personnalisé.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la SHBG ?

La SHBG (Sex Hormone Binding Globulin) est une protéine fabriquée par le foie qui transporte la testostérone, l'estradiol et la DHT dans le sang. En se fixant à ces hormones, elle limite leur action biologique. Son dosage permet de connaître la part des hormones réellement actives (libres).

Quels sont les symptômes d'un taux anormal de SHBG ?

Une SHBG élevée peut entraîner une baisse de libido, une fatigue, une perte de pilosité chez l'homme, et des irrégularités menstruelles chez la femme. Une SHBG basse favorise l'acné, l'hirsutisme, l'alopécie et, chez l'homme, peut masquer un hypogonadisme. Cependant, ces symptômes sont non spécifiques : un dosage sanguin est nécessaire.

Comment faire baisser la SHBG ?

Si la SHBG est trop élevée, il faut traiter la cause : corriger une hyperthyroïdie, arrêter un traitement œstrogénique excessif, ou favoriser la perte de poids en cas d'obésité. Le métabolisme hépatique est influencé par l'insuline : réduire les sucres rapides et pratiquer une activité physique aide à réguler la SHBG.

Plage de référence

À propos SHBG (Globuline liant les hormones sexuelles)

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Sources Scientifiques & Références

Les informations de cet article sont soutenues par les bases de données médicales internationales et sources scientifiques suivantes :

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