Pourquoi doser le cortisol le soir ? Ce que mon expérience m'a appris
Depuis plus de quinze ans que je reçois des patients à l'hôpital, je constate que le dosage du cortisol est souvent mal compris. Beaucoup croient qu'une seule prise de sang le matin suffit. Pourtant, c'est le cortisol du soir qui peut révéler discrètement un syndrome de Cushing débutant ou une altération du rythme circadien. Dans ma pratique, je prescris ce dosage quand je soupçonne un excès de cortisol (hypercorticisme) ou pour évaluer l'axe corticotrope après un traitement prolongé par corticoïdes.
Qu'est-ce que le cortisol plasmatique du soir ?
Le cortisol est une hormone stéroïde sécrétée par les glandes surrénales sous le contrôle de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Sa sécrétion suit un rythme circadien : élevée le matin (pic vers 8 h), elle diminue progressivement pour atteindre un nadir en fin de soirée. Le dosage du cortisol à 16 h ou 20 h permet donc de vérifier que cette chute physiologique se produit bien.
Indications du dosage du cortisol du soir
Suspicion de syndrome de Cushing
Devant des signes évocateurs (prise de poids facio-tronculaire, vergetures pourpres, hypertension, diabète, ostéoporose), un cortisol du soir non freiné est un excellent marqueur de dépistage. Dans mon service, je n'hésite pas à demander ce dosage en ambulatoire avant d'orienter vers un test de freinage à la dexaméthasone.
Évaluation de la fonction surrénalienne
Après un sevrage de corticoïdes, je dose le cortisol du matin et du soir pour vérifier la reprise de l'axe. Un cortisol vespéral effondré peut indiquer une insuffisance surrénalienne secondaire encore latente.
Valeurs de référence du cortisol du soir
Les normes varient selon les laboratoires, l'heure de prélèvement et la technique utilisée (immunoessai ou spectrométrie de masse). Voici un tableau indicatif (valeurs à jeun ou non, selon Endocrine Society et pratiques hospitalières françaises) :
| Population | Heure de prélèvement | Valeurs usuelles (nmol/L) |
|---|---|---|
| Adultes (18-60 ans) | 16 h – 18 h | < 280 nmol/L (généralement 80 – 280) |
| Adultes (18-60 ans) | 20 h – 22 h | < 140 nmol/L (souvent < 100) |
| Personnes âgées (> 60 ans) | 16 h – 18 h | 80 – 350 (légère augmentation possible) |
| Femmes enceintes (3e trimestre) | 16 h – 18 h | jusqu'à 500 (physiologique) |
| Enfants (6-12 ans) | 16 h – 18 h | 60 – 250 |
Préparation au dosage
Le prélèvement doit être réalisé en position assise ou allongée (stress minimal), à une heure précise notée sur l'ordonnance. Évitez tout effort physique intense, un repas riche en sucre ou la prise de corticoïdes (sauf avis médical) dans les 24 heures précédentes. Le stress aigu peut majorer le cortisol : je conseille un temps de repos de 15 minutes avant la prise de sang.
Interprétation des résultats
Cortisol du soir élevé
Un cortisol vespéral > 280 nmol/L à 16 h ou > 140 nmol/L à 20 h doit faire suspecter un hypercorticisme. Les causes possibles : adénome hypophysaire (maladie de Cushing), tumeur surrénalienne, sécrétion ectopique d'ACTH (cancer bronchique), ou plus simplement un traitement par corticoïdes oraux ou inhalés. Chez mes patients, je vérifie toujours l'observance thérapeutique avant de lancer des explorations.
Cortisol du soir bas
Un taux inférieur à 50 nmol/L le soir peut témoigner d'une insuffisance surrénalienne (primaire ou secondaire). Dans ce cas, je dose aussi le cortisol du matin et l'ACTH. Chez les patients fatigués, hypotendus, avec une hyponatrémie inexpliquée, ce dosage est précieux.
Facteurs pouvant fausser le résultat
- Stress aigu (examen, douleur, infection) : élève le cortisol.
- Grossesse ou prise d'œstrogènes : augmentation physiologique liée à la CBG.
- Obésité, syndrome métabolique : cortisol parfois modérément élevé.
- Médicaments : rifampicine, anticonvulsivants, lithium, etc.
Cortisol salivaire du soir : une alternative
De plus en plus utilisée, la mesure du cortisol libre salivaire à 23 h est sensible pour dépister le syndrome de Cushing. Elle évite le stress de la ponction veineuse. Dans mon cabinet, je combine souvent les deux approches.
Questions fréquentes
À jeun ou pas pour le cortisol du soir ?
Non, le jeûne n'est pas obligatoire, mais il est préférable d'éviter un repas riche en glucides dans l'heure précédant le prélèvement, car il pourrait stimuler le cortisol.
Le cortisol du soir peut-il être normal en cas de Cushing ?
Oui, parfois le rythme circadien est partiellement conservé. Un seul dosage normal n'exclut pas un hypercorticisme ; si le tableau clinique est évocateur, il faut réaliser un test de freinage minute (1 mg dexaméthasone) ou une cortisolurie des 24 h.
Quel est le code LOINC du cortisol du soir ?
Le code LOINC pour le cortisol plasmatique (soir) est 2141-5, correspondant à « Cortisol [Mass/volume] in Serum or Plasma ».
Questions fréquentes
À jeun ou pas pour le cortisol du soir ?
Non, le jeûne n'est pas obligatoire, mais il est préférable d'éviter un repas riche en glucides dans l'heure précédant le prélèvement, car il pourrait stimuler le cortisol.
Le cortisol du soir peut-il être normal en cas de syndrome de Cushing ?
Oui, parfois le rythme circadien est partiellement conservé. Un seul dosage normal n'exclut pas un hypercorticisme ; si le tableau clinique est évocateur, il faut réaliser un test de freinage minute (1 mg dexaméthasone) ou une cortisolurie des 24 h.
Quel est le code LOINC du cortisol du soir ?
Le code LOINC pour le cortisol plasmatique (soir) est 2141-5, correspondant à « Cortisol [Mass/volume] in Serum or Plasma ».
À propos Cortisol plasmatique (soir)
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Sources Scientifiques & Références
Les informations de cet article sont soutenues par les bases de données médicales internationales et sources scientifiques suivantes :
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